Les Vulvodynies

 

Introduction:

Le périnée est un éventail musculaire à l'innervation complexe, centré par un noyau tendineux, au sein d'un anneau pelvien osseux, entre pubis et coccyx, en relation avec le rachis et les membres inférieurs. Il est exposé ainsi que la muqueuse vulvaire aux agressions infectieuses, mécaniques, hormonales et physiologiques, à la posture, à la pression abdominale, aux émotions et au système neuro-végétatif.

 

Un grand nombre de douleurs périnéales associent un déséquilibre mécanique du bassin, musculaire et ou osseux, sous tendu par un terrain d'hypersensibilité tissulaire à la douleur. Ce terrain peut être initié ou aggravé par des traumatismes d'origines diverses, corporels et ou émotionnel, et entretenu par un "embrasement" neuro-végétatif.

 

Il existe donc un cercle vicieux qui se met en place qui engendre d'inévitables incompréhensions relationnelles, en particulier au sein du couple et de l'entourage en général. Les dyspareunies et les vulvodynies affectent en effet intensément la vie de couple, provoquant un sentiment de perte d'estime de soi, de culpabilité, de baisse de libido ou encore un très grand sentiment d'incompréhension.

 

Par ailleurs l'absence de remède satisfaisant, le manque d'information, le caractère "tabou" de ces douleurs, la méconnaissance encore répandue dans le milieu médical et paramédical, font de ces pathologies une affection très frustrante et épuisante.

 

Historique:

Le concept d'inconfort vulvaire existe dans les publications médicales depuis plus de 100 ans :

1889 : Repérage d’une douleur chez des femmes au toucher et lors de l'examen de la région vulvaire (Skene).

1928 : Description d'une zone sensible proche de l'hymen et provoquant une douleur amenant des hurlements chez certaines femmes (Kelly).

1976 : Des membres de l’ISSVD (International Society for the Study of Vaginal Disease) reconnaissent la douleur vulvaire comme une entité unique et décrivent le syndrome de la « vulve brûlante ».

1985 : L'ISSVD nomme la vulvodynie avec 2 formes : vulvodynie diesthésique et la vestibulite.

1999 : Le terme de vestibulite est mis de côté au profit de vestibulodynie car les études ne montraient pas de pathogénèse inflammatoire réelle.

2003 : L'ISSVD décrit 2 syndromes, local ou généralisé, en présence ou non de stimulus. Les entités ne sont pas exclusives mais peuvent coexister.

2015 : Il existe une nouvelle nomenclature de l’ISSVD.

 

Définition:

  • Vulvodynie, signifie " douleur à la vulve ".

La définition de la vulvodynie selon l'ISSVD (International Society for the Study of Vulvar Disease) date de 2003  : il s'agit d'un " Inconfort vulvaire, le plus souvent décrit comme des brûlures apparaissant en l'absence d'affection vulvaire visible ou de désordre neurologique spécifique."

C’est un inconfort chronique (> 3 mois) avec une absence de signes visibles pertinents ou absence d’une cause neurologique cliniquement identifiable.

En pratique, c'est une douleur vulvaire localisée ou diffuse, partout dans la région vulvaire, elle peut être ressentie :

- lors d'un contact local (position assise, pantalon serré...) ou lors des relations sexuelles (attouchements ou encore lors de la pénétration)

- spontanée, constante et continue même en dehors des relations sexuelles mais la pression vulvaire et les contacts sexuels ont tendance à

La peau de la vulve maintient souvent une apparence normale et l'examen clinique montre l'absence d'anomalie décelable.

Il a été décrit des formes primaires et secondaires :

- Primaire : c'est-à-dire que la maladie est présente depuis toujours ; elle s'annonce dès le début des contacts vulvaires (les premiers rapports sexuels ou lorsque la femme tente d'insérer les premiers tampons) ;

- Secondaire : lorsque la douleur survient après des rapports sexuels indolores.

La candidose vulvovaginale récidivante multiplie par quatre le risque de vulvodynie et est la cause de 50% des vulvodynies.

La vaginose bactérienne multiplie ce risque par 22 d'où l'intérêt de rechercher ces pathologies devant chaque vulvodynie et de les traiter avant sa prise en charge.

La sécheresse vaginale, la ménopause et le post-partum peuvent être aussi des facteurs de risque.

 

  • Vestibulite vulvaire, Vestibulodynie ou vulvodynie provoquée : ce terme signifie " l'inflammation du vestibule vulvaire", ce terme est un peu plus spécifique. Elle représente 70% des cas.

C'est une forme particulière des vulvodynies ; elle est caractérisée par deux éléments principaux :

1.Les douleurs :

Les mêmes types de douleurs ressenties lors des vulvodynies, mais cette fois :

- Elles sont localisées dans une zone située dans une région en forme de fer à cheval se trouvant dans la partie inférieure du vestibule vulvaire, c'est-à-dire dans une zone située entre 3 et 9 heures de l'ouverture vaginale.

- Les femmes atteintes de vestibulite vulvaire ou vulvodynie provoquée sont moins sujettes aux douleurs constantes ; elles éprouvent habituellement de la douleur en réponse à un contact physique.

2.Un érythème endovulvaire vestibulaire :

- L'examen montre la présence d'une congestion prenant la forme de taches rouges, appelées érythème en plaques ;

- Cet érythème est situé : le plus souvent autour de l'orifice des glandes de Bartholin, la partie postérieure de l'orifice vulvaire, depuis les orifices des glandes de Bartholin jusqu'à la fourchette.

La rougeur peut être unilatérale au niveau d'un seul orifice de glande de Bartholin.

 

On utilise le test du coton-tige ou Q-tip test pour diagnostiquer cette pathologie : 

On peut réaliser ce test de préférence après avoir écarté toute hypothèse d'infection, de mycose etc. Le test consiste à poser un coton-tige au niveau de l’abouchement des glandes de Bartholin. Si la douleur est immédiate à la pression avec le coton-tige, le test est positif. Cette douleur peut être plus importante d’un côté que de l’autre. Cette douleur sera semblable à celle ressentie pendant les rapports.

 

En dehors de ce test, l'examen gynécologique s'avère être totalement normal.

 

Anatomie du bassin, des muscles périnéaux et de la vulve:

Le périnée :

« Porte » d'identité, porte de plaisir, porte de sexualité, porte de fécondité, de maternité et porte de la relation.

« Porte » de la vie et pourtant méconnu, délaissé, maltraité, à la fois objet de convoitise et de plaisir, mais aussi d'agression violente et de domination, d'ignorance et de rejet.

Il est pourtant espace à découvrir, à honorer, à estimer et à préserver, à restaurer si besoin.

Il est indispensable car c’est :

-       Le lieu de l'assise, nécessaire au repos, à la convivialité, à l'étude

-       Le lieu de l'échange, par le plaisir, la sexualité, la mise au monde de l'enfant

-       Le lieu de l'élimination, nécessaire, de ce que le corps ne retient pas pour son fonctionnement optimal, liquides et solides, par la voie urinaire et digestive.

 

Martine Grimaldi, "le fil d'Ariane"

 

Planches anatomiques :  

La connaissance des éléments anatomiques permet d'éclairer la survenue des douleurs chroniques pelvi-périnéales et de comprendre leur prise en charge thérapeutique globale. Toute contracture au niveau des muscles du périnée peut donner des douleurs : dyspareunie superficielle, vulvodynie, douleurs urétrales, douleurs péri-anales... 

 

profil

Le plancher pelvien:

Q tip

Le travail se concentre principalement sur la détente du muscle bulbo-caverneux (8) et du centre tendineux ou noyau fibreux central du périnée (12), ainsi que sur la prise en charge de la peau et des muqueuses vaginales et vulvaires.

 

 

La fréquence :

15% (Am J Obstet Gynecol 1991 :1609) des femmes seront, dans leurs vies, touchées par un problème de douleurs périnéales (tous les âges sont confrontés à cette pathologie).

Cette fréquence est fortement sous-estimée puisque qu’une grande partie du corps médical ne connait pas cette pathologie et/ou ne sait pas en faire le diagnostic.

 

 

Vaginisme

 

Définition :

Le vaginisme est un dysfonctionnement sexuel assez fréquent. Il se traduit par une contraction involontaire : c’est le resserrement réflexe des muscles du plancher pelvien qui se produit lorsqu’il y a tentative d’insérer un objet dans le vagin (tampon, spéculum, pénis, etc.). Cette contraction peut rendre la pénétration impossible (le vagin étant alors totalement clos) ou possible mais très douloureuse.

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), la définition du vaginisme est axée sur la contraction vaginale : « Une contraction involontaire, répétée, persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin en cas de tentative de pénétration par le pénis, doigt, tampon ou spéculum. »

 

Par définition, les organes génitaux sont normaux et indemnes de toute pathologie, mais à chaque tentative de pénétration, l’orifice vaginal se referme par un mécanisme réflexe totalement involontaire des muscles périvaginaux. Il s’agit donc de spasmes involontaires que la femme ne maîtrise pas. Chez certaines femmes, la simple anticipation d’une pénétration vaginale peut déclencher cette contraction.

 

En général, la contracture musculaire n’est pas douloureuse en elle-même. Par contre, une douleur peut être ressentie en cas de tentative de pénétration alors que le vagin est « fermé ». Ce n’est donc pas le vaginisme qui provoque une éventuelle douleur, mais, parfois, la tentative de pénétration. La femme rentre alors dans un cercle vicieux : l’appréhension de la douleur déclenche la contracture, provoquant ainsi la douleur, ce qui ne fait qu’augmenter l’appréhension de la pénétration. Lorsqu’elle est présente, cette douleur est très réelle, et non « dans la tête ».

Les différents types de vaginisme :

Il est possible de distinguer deux types de vaginisme selon le moment où celui-ci est   apparu :

Le vaginisme primaire : le vaginisme est primaire si la pénétration s’est avérée impossible ou difficile depuis toujours. La forme primaire représente la forme la plus fréquente de vaginisme. Il apparaît au début de la vie sexuelle de la femme.

Le vaginisme secondaire : le vaginisme est secondaire s’il apparaît après une vie sexuelle satisfaisante et sans problème particulier lié à la pénétration. Le vaginisme secondaire survient en général après un évènement vécu comme traumatique, soit sur le plan physique (dyspareunie après épisiotomie) ou psychique (agression sexuelle).

 

On peut aussi distinguer les vaginismes selon leur étendue :

Le vaginisme est dit « global » ou total lorsqu’il se produit dans toutes les situations et avec tout objet : quel que soit le partenaire, quel que soit la tentative de pénétration (examen gynécologique, tampon, rapport sexuel…).

Le vaginisme est dit « situationnel » ou partiel lorsqu’il ne se produit que dans certaines situations, par exemple avec un partenaire mais pas d’autres, ou lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ni lors d’examens pelviens, ou vice versa. Le vaginisme ne rend donc pas toujours toute pénétration impossible.

 

 

Diagnostic :

Le vaginisme est une pathologie dépendante de l’activité sexuelle. Pour le découvrir, il faut généralement avoir eu une ou plusieurs tentatives de pénétration, avec un ou différents partenaires et des échecs répétés. Pour diagnostiquer un vaginisme, la femme doit surtout passer par un examen gynécologique minutieux. Ainsi, le professionnel de santé pourra vérifier que les organes génitaux extérieurs ne souffrent d’aucune pathologie, confirmer les contractions involontaires des muscles à l’entrée du vagin et l’impossibilité d’introduire le doigt ou le spéculum lors de la consultation. Il est très important de bien prendre le temps d’écouter l’histoire de la patiente et d’instaurer un climat de confiance car l’examen gynécologique peut s’avérer parfois très difficile pour la patiente.

 

Fréquence :

La fréquence de ce symptôme est estimée entre 12 et 18% de la population féminine.

 

Symptômes/Signes fonctionnels: 

- refus de l’examen gynécologique par appréhension du speculum ou du toucher vaginal

- impossibilité d’introduire un tampon, un doigt 

- pénétration impossible

- reflexe de fermeture des cuisses

 

Étiologies/Facteurs favorisants :

Au-delà des signes visibles et de la contraction des muscles vaginaux, le vaginisme peut avoir un sens (significations et origines) complexe. Les causes les plus récurrentes sont les suivantes.

 

  • Éducation sexuelle très négative

La source du vaginisme se trouve bien souvent dans une éducation sexuelle et affective inexistante, négative ou très stricte. En effet, durant l'enfance ou l'adolescence, pour de nombreuses femmes, le sexe a été tabou, objet de honte, fréquemment associé à des sentiments de culpabilité et de peur, avec de forts interdits (de la nudité, de la masturbation, des caresses affectueuses, etc.). Il semblerait également que l'éducation religieuse ou culturelle dans laquelle la virginité serait très valorisée, renforcerait le blocage sexuel et la peur d'être pénétrée. Ce contexte familial de dits et de non-dits vis à vis de la sexualité, mais aussi ce qui a pu être entendu, vu ou lu en dehors (discussion ou lecture effrayante à propos de la "première fois", accès précoce à la pornographie, etc.) peut expliquer en partie, chez la femme victime de vaginisme, sa peur phobique d'être blessée lors de la pénétration vaginale. 

 

  • Méconnaissance de l'anatomie féminine

La femme victime de vaginisme (surtout primaire) connaît souvent très mal son corps et particulièrement ses organes génitaux. En général, elle n'utilise pas de tampons périodiques. Elle se représente un vagin trop petit, voire inexistant ou pense avoir un hymen dur et épais qui obstrue complètement l'orifice vaginal. D'ailleurs, bien souvent, elle n'en a jamais observé les contours avec un miroir, ni même exploré les profondeurs en le touchant. À cause de la non-intégration mentale de son vagin ou de l'ignorance des véritables "mensurations" de celui-ci, toute pénétration est alors vécue comme une tentative d'intrusion agressive dans le corps et non dans une cavité ou un creux. Cette perception n'est pas liée à un quotient intellectuel déficient et la femme souffrant de vaginisme possède en général un vagin parfaitement normal, mais elle est totalement incapable de se le représenter mentalement. C'est un peu comme si elle n'en possédait pas. Par un mécanisme inconscient complexe, la femme ne peut donc concevoir une quelconque pénétration sans douleur et sans se protéger du "danger" par des contractions musculaires.

 

  • Abus sexuels ou premières expériences sexuelles traumatisantes

Il est plutôt rare de découvrir que l'origine du vaginisme remonte à une agression, mais il arrive parfois qu'un traumatisme psycho-sexuel survenu dans l'enfance, l'adolescence ou à l'âge adulte en soit effectivement la cause (maltraitances sexuelles, physiques, verbales ou rapports sexuels douloureux, dévalorisants ou mal vécus). Le blocage s'explique par la peur d'une très forte agressivité masculine, comme si le corps gardait en mémoire une intrusion forcée. La pénétration est alors synonyme de souffrance et les muscles vaginaux vont immédiatement se contracter pour provoquer la fermeture et se protéger de ce que la femme considère inconsciemment comme une menace. 

 

  • Peur du sperme et homosexualité latente

La crainte d'une maladie sexuellement transmissible, la peur de tomber enceinte (parfois à la suite d'une IVG) ou une tendance homosexuelle latente, peuvent également expliquer la phobie ou du moins, le rejet de la pénétration vaginale lors d'un rapport sexuel entre un homme et une femme. 

 

  • Accouchement et vaginisme secondaire

L'accouchement et les douleurs qu'il entraine sont susceptibles de provoquer un vaginisme secondaire, surtout si la reprise des relations sexuelles a été prématurée. Les femmes qui ont eu une épisiotomie sont particulièrement concernées, puisque c'est souvent l'image persistante d'un vagin endommagé ou blessé qui est à l'origine de ce type de vaginisme. 

 

  • Après une dyspareunie

Il arrive assez fréquemment qu'un vaginisme s'installe après une dyspareunie (pénétration possible mais douloureuse). En effet, la peur d'avoir mal pendant le rapport sexuel conduit souvent le corps à se protéger contre cette douleur, en contractant notamment les muscles du vagin dès la tentative de pénétration.

 

  • Difficultés relationnelles temporaires, mais non résolues

L'histoire de la femme, du couple ou le contexte des rapports sexuels, peuvent également expliquer le vaginisme. Un choc émotionnel peut en effet provoquer une réaction physiologique de défense, par exemple suite à des difficultés personnelles, familiales ou professionnelles (deuil, dépression, perte d'emploi, etc.) ou de problèmes relationnels avec le partenaire (déception amoureuse, infidélité, rejet du conjoint, etc.). 

 

 

Diagnostics différentiels : 

Dyspareunie, vestibulodynie

 

Traitements :

Le vaginisme est un problème beaucoup plus commun qu’on ne le croit. Les femmes vivant avec un vaginisme ont souvent honte. Elles n’en parlent à personne. C’est malheureux, car il est plus facile de traiter le vaginisme lorsqu’il ne se manifeste que depuis quelques mois plutôt que depuis plusieurs années…

C’est pour combattre ces tabous et permettre aux femmes de parvenir à un épanouissement sexuel que des associations ont été créées. Leur but est d’informer le grand public de ces dysfonctionnements sexuels et de venir en aide aux femmes qui en sont atteintes et à leurs proches.

De nombreux couples, vivant ensemble depuis des années, n’ont pas de rapports sexuels à cause du vaginisme. Certains d’entre eux ont même eu des enfants grâce à la méthode dite « seringue ».

Beaucoup de femmes vivant avec le vaginisme ont une vie sexuelle très active, sans toutefois avoir de rapports sexuels avec pénétration. Il se peut que le couple soit heureux dans la situation telle qu’elle est, et qu’il préfère ne pas tenter de la changer (attention au motif de consultation).

 

Il est cependant tout à fait possible de guérir de ce vaginisme. Le vaginisme n’est pas une fatalité, quelle que soit sa durée. Les femmes vaginiques croient souvent qu’elles sont « trop étroites » et que leur vagin doit être étiré. Cette pensée à elle seule est pénible ! Elles doivent « désapprendre » ce réflexe musculaire involontaire. Pour cela, un repérage anatomique des muscles du périnée et une prise de contrôle volontaire feront partie des premiers apprentissages à mettre en place pour prendre conscience des tensions qui sont présentent.  Elles peuvent apprendre à contrôler les muscles autour du vagin, ce qui peut se faire à l’aide d’exercices de détente, d’automassages, de séance de relaxation périnéale et l’utilisation de dilatateurs vaginaux.

 

 

Prévention/Conseils :

– Continuez les consultations et poursuivre le traitement jusqu’à la guérison complète

– Tant que la douleur persiste au moment de la pénétration, ne pas insistez

– Impliquez le partenaire durant la période du traitement afin d’avoir un bon résultat

– Avoir confiance en soi

– Réalisez des préliminaires avec tendresse, romantisme et amour

– Pendant la phase d’intromission, être calme, prendre votre temps, réaliser progressivement et en douceur la pénétration.

 

 

Vrai/faux/idées reçues :

Avoir un vagin trop petit est à l'origine du vaginisme ? Faux

Les femmes atteintes de vaginisme (surtout primaire) pensent souvent que leur canal vaginal est anormalement étroit. Elles se représentent un vagin trop petit, voire inexistant ou pensent avoir un hymen tellement dur et épais qu'il obstrue complètement l'orifice vaginal. Or, sauf cas très rares, ce n’est jamais le cas. En règle générale, peu importe la taille, le poids ou l'âge de la femme, ses organes génitaux, et le vagin en particulier, sont normaux et donc tout à fait aptes à accueillir le pénis d'un homme, quelles que soient les dimensions de celui-ci. La sensation d'étroitesse et la douleur ressenties lors de la tentative de pénétration sont causées par de fortes contractions des muscles du plancher pelvien. 

 

C'est l'hymen qui empêche la pénétration ? Vrai et Faux

L'hymen est une petite membrane très fine et élastique qui ferme en partie l'entrée du vagin. Il est généralement ouvert au centre pour laisser passer le sang des règles et se rompt normalement, ou du moins partiellement, lors de la première pénétration sexuelle. De nombreuses femmes atteintes de vaginisme ont le sentiment d’avoir un mur qui se dresse lors de chaque tentative de pénétration. Elles imaginent alors, le plus souvent à tort, que ce barrage est causé par un hymen beaucoup trop dur. Il existe effectivement des hymens résistants, mais ils sont relativement rares. Pour être sûre d'être dans ce cas-là, un diagnostic exact doit être absolument établi par un gynécologue. Si une réelle anomalie devait être confirmée par le médecin, une simple petite incision chirurgicale sous anesthésie règlerapidement le problème (l'hymenectomie). Rappelons que ce qui est en cause dans le vaginisme et qui se trouve être source de douleur pour les femmes n'est pas la résistance de l'hymen, mais bien les contractions des muscles pelviens, et uniquement ces muscles. 

 

Les douleurs ressenties sont dans la tête ? Faux

Le resserrement des muscles du vagin n'est pas douloureux en soi. En revanche, une douleur peut être ressentie si le pénis touche les muscles alors que le vagin est "fermé". C'est donc la tentative de pénétration qui provoque des douleurs insupportables et qui contraignent le couple à arrêter le rapport sexuel. En général, la douleur cesse une fois que le pénis s'est retiré. Lorsqu'elles sont présentes, ces douleurs sont bel et bien réelles, et non "dans la tête".  

 

Le vaginisme est un problème très difficile à traiter ? Faux

Dans la mesure où le diagnostic est correctement établi et que les deux partenaires sont motivés à entreprendre une thérapie, le vaginisme se soigne très bien. D’ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est le trouble sexuel qui se traite le mieux. Plus tôt on s’en occupe, moins les réflexes de fermeture seront ancrés et plus vite ils seront remplacés par des réflexes de conditionnements positifs. Le vaginisme n’est pas une fatalité. Il existe plusieurs options thérapeutiques pour arriver à bout de ce trouble sexuel et les exercices avec les dilatateurs vaginaux sont en général d’une aide très précieuse.  

 

C'est un problème qui peut disparaître tout seul, avec le temps ? Faux

La femme victime de vaginisme est souvent enfermée dans un cercle vicieux où la peur d'avoir mal déclenche des contractions musculaires, provoquant ainsi de vives douleurs difficilement tenables, ce qui ne fait qu'augmenter l'appréhension de la pénétration. Elle évite le coït comme elle peut et renforce ainsi le blocage. C'est une erreur que de laisser le temps passer en espérant que cela s'arrangera de lui-même. Dans la majorité des cas, le vaginisme ne disparaît jamais tout seul et s'il n'est pas traité, il perdurera. Il a même tendance à se renforcer au fil du temps et des douleurs rencontrées à chaque tentative de pénétration. De plus, on observe souvent que plus le problème dure et plus la femme atteinte de ce trouble manquera de confiance en elle pour le résoudre. Ainsi, pour parvenir le plus rapidement possible à une sexualité sans douleur, la femme touchée par le vaginisme doit casser très vite le cercle vicieux de la peur. Pour ce faire, une des solutions les plus efficaces est d'apprendre chez soi, en toute tranquillité, à contrôler très progressivement les muscles de son vagin par l'intermédiaire de dilatateurs vaginaux. 

 

Il n'existe qu'un seul moyen pour vaincre le vaginisme ? Faux

Plusieurs moyens existent pour sortir du vaginisme, et même si le traitement comportemental (exercices avec les dilatateurs) donne d'excellents résultats, il n'existe aucun moyen standard et efficace dans tous les cas de figure. Le déroulement du traitement sera par exemple différent selon qu'il s'agit d'un vaginisme primaire ou secondaire. C'est la raison pour laquelle le diagnostic est très important et doit être clairement posé, de manière à suivre la thérapie la plus adaptée. Il arrive fréquemment que des femmes souffrant de vaginisme essayent de multiples traitements ou consultent plusieurs spécialistes avant de trouver ce qui leur convient vraiment. La guérison est d'ailleurs souvent le fruit d'une combinaison de plusieurs moyens et d'outils. Pour une plus grande efficacité, il est donc souhaitable d'aborder le traitement d'une façon globale et complémentaire, c'est-à-dire d'un point de vue à la fois physique et psychologique pour en comprendre la signification.

 

S'il y en a un, le compagnon n'est absolument pas concerné par ce problème ? Faux

S'il y a un partenaire, le vaginisme de la femme devient par définition le problème du couple. Par conséquent, le rôle du conjoint est primordial pour que leurs difficultés puissent être dépassées. Il peut être un élément déclencheur de la première consultation et un bon collaborateur thérapeutique, qui aidera progressivement sa compagne à vaincre sa phobie. En revanche, s'il n'est pas associé à la thérapie, il peut alimenter les symptômes et rester des mois, voire des années, complice du vaginisme de sa partenaire. Il est également essentiel qu'il fasse totalement partie de l'accompagnement pour que sa sexualité à lui, puisse évoluer en même temps que celle de sa conjointe. Le thérapeute veillera alors à prévenir et contenir le risque d'une éventuelle déstabilisation de sa part. En effet, il arrive fréquemment que les hommes développent de façon ponctuelle et transitoire des troubles érectiles ou d'éjaculation précoce, lorsque le problème féminin est résolu ou en voie de guérison. 

 

Souffrir de vaginisme, c'est forcément être frigide ? Faux

La frigidité se définit comme étant l'inaptitude permanente à éprouver des sensations agréables, même diffuses, pendant la relation sexuelle. Elle constitue à la fois un manque d'excitation, de désir et une absence de plaisir durant les rapports. Beaucoup de femmes pensent être frigides, alors qu'elles sont en réalité "anorgasmiques", c'est-à-dire qu'elles ont du désir et ressentent de la volupté pendant l'acte sexuel, mais ne réussissent pas à atteindre l’orgasme. De nombreuses personnes confondent également frigidité et vaginisme. Même si parfois, il peut y avoir une relation de cause à effet, le plus souvent, ces troubles sexuels sont bien distincts. Le premier cas correspond à une absence permanente de plaisir lors des rapports sexuels, alors que la femme atteinte de vaginisme peut très bien avoir une sexualité active et éprouver des sensations très agréables, jusqu'à l'orgasme, si la pénétration est exclue de l'acte sexuel ou si elle n'est pas anticipée (caresses buccales, frottements superficiels des sexes, stimulations su clitoris, massages, baisers, etc.). En conclusion, même si le vaginisme peut perturber la vie sexuelle du couple, il n'entraîne pas systématiquement un problème de frigidité. Quant à la femme atteinte de frigidité, elle peut accepter le coït sans trop de difficultés, mais n'en retira aucune satisfaction. 

  

Je suis la seule à souffrir de ce problème ? Faux

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le vaginisme est relativement fréquent. C’est un trouble sexuel assez répandu et pouvant survenir à n'importe quel âge. Il est très difficile de quantifier le nombre exact de femmes souffrant de vaginisme, et ce pour plusieurs raisons. 

Le vaginisme est tout d'abord un trouble sexuel très intime, considéré comme "honteux" et de nombreuses femmes sont gênées par le fait d'exposer leurs difficultés à une tierce personne. Elles sont souvent très réticentes à signaler ce problème à un professionnel de la santé (surtout s'il n'est pas sensibilisé au vaginisme). Certaines personnes se résignent même à vivre sans relation sexuelle, pensant à tort qu'elles ne pourront jamais être aidées. 

De plus, le terme de "vaginisme" n'est pas très connu du grand public et de nombreuses femmes ne réussissent pas à mettre un nom médical à leur problème. Le manque de connaissance sur le sujet renforce le sentiment de solitude, de culpabilité et engendre souvent le repli sur soi. Compte tenu du caractère multiple du trouble sexuel et de l'insuffisance d'études sérieuses sur le sujet, plusieurs types de vaginismes ne sont pas diagnostiqués comme tels par certains médecins ou professionnels de la santé.

De nombreux couples vivent avec le vaginisme, parfois pendant de longues années. Ils peuvent mener une vie sexuelle plus ou moins épanouie et faire l'amour à leur manière, sans véritable pénétration. Les conjoints ont tendance à attendre avant de consulter (3 ou 4 ans en moyenne). C'est souvent la crainte que le couple finisse par se séparer et surtout le désir d'enfant qui les poussent à demander de l'aide.

 

Un couple touché par ce trouble sexuel est condamné à n'avoir aucune vie sexuelle ? Faux

De nombreux couples vivent, parfois de longues années, avec le vaginisme. Les partenaires peuvent mener une vie sexuelle active et éprouver des sensations très agréables, jusqu'à l'orgasme, si la pénétration est exclue de l'acte sexuel ou si elle n'est pas anticipée (caresses buccales, frottements superficiels des sexes, stimulation du clitoris, massages, baisers, etc.). Cette forme de sexualité, parfois appelée "sexualité parallèle" repose donc sur des préliminaires particulièrement développés, en compensation de la pénétration impossible à réaliser.  

 

Une fois guérie, le vaginisme ne reviendra plus jamais ? Faux

Il est très difficile de garantir avec certitude qu'après une ou plusieurs pénétrations vaginales réalisées avec succès, le vaginisme ne réapparaîtra plus jamais, tant il est lié à l'histoire personnelle et intime des femmes. En effet, au cours d'une vie, des circonstances très particulières peuvent survenir et réactiver momentanément le réflexe de protection, propre au vaginisme (après un accouchement difficile par voie basse, une infidélité du partenaire, etc.). Des épisodes isolés de vaginisme ne doivent absolument pas être interprétés comme étant un échec du traitement. 

 

Une femme peut tomber enceinte si aucune pénétration n'est possible ? Vrai

Une femme peut tout à fait tomber enceinte sans avoir jamais été pénétrée. En effet, toute relation sexuelle au cours de laquelle le sperme se retrouve près du vagin comporte un risque de grossesse, même sans pénétration. Il suffit que la vulve et le vagin aient été en contact direct avec les spermatozoïdes. Ces derniers sont dotés d’un pouvoir de mobilité qui leur permet de remonter vers les trompes, en cheminant dans le vagin jusqu'à l'utérus et en passant par le col. Les doigts par exemple, peuvent véhiculer les spermatozoïdes. Par conséquent, si un couple touché par le vaginisme n'a pas le projet d'avoir un enfant tout de suite, l'utilisation d'un moyen de contraception est vivement recommandé.