Sècheresse vulvaire

 

Définition :

On parle de sécheresse intime (ou sécheresse vaginale) lorsque le vagin n'est pas correctement hydraté. La sécheresse vaginale est une perturbation de l’équilibre de la flore vaginale. Le vécu physique et psychologique n'est pas anodin.

Les douleurs pendant les rapports sont présentent pour 85 % des femmes ayant une sècheresse vulvaire, tout comme une baisse de l'activité sexuelle (83 %). Ainsi, 57 % des femmes estiment que ce trouble a été ou est la cause de graves problèmes au niveau de leur couple. Là encore, celles de moins 40 ans sont plus concernées. Parmi les femmes qui ne se traitent pas, plus de 5 % ont cessé d'avoir des rapports sexuels.

Très fréquente, la sécheresse vaginale touche à un moment ou à un autre de sa vie 25% des femmes avant la ménopause et 30% à 55% après.

La sécheresse vaginale reste un sujet pourtant largement tabou et souvent cachée aux médecins, aux gynécologues et aux sages-femmes. C’est dommage car c'est une pathologie se soigne très bien. 
Les sécrétions vaginales proviennent de glandes qui se situent à l’entrée de la vulve et d’un transsudat vaginal.

Les glandes sécrètent tous les jours un liquide un peu "visqueux" qui sert à débarrasser le vagin des cellules mortes et autres impuretés ou germes.

Les sécrétions vaginales forment, si l’on peut dire, un système d’auto-nettoyage de l’utérus et du vagin (cellules mortes...).

Au niveau de la vulve, plus précisément dans le muscle qui aide la vulve à se contracter, les glandes de Bartholin produisent un liquide filant et incolore qui contribuent à l’hydratation du vagin et des petites lèvres.

L’excitation et le plaisir provoquent la lubrification du vagin en prévenance de l’acte sexuel.

 

Diagnostic :

Pour diagnostiquer une sécheresse intime, le médecin ou la sage-femme essayera d'en savoir plus sur sa patiente en procédant à un interrogatoire médical : les symptômes décrient par la patiente et son ressenti (absence de lubrification naturelle, sensation de sécheresse...)

Puis en réalisant un examen clinique et gynécologique (absence de pertes et d’humidité vaginal).

Ils pourront également faire un prélèvement vaginal  (pour éliminer une infections ) ou prescrire un bilan saguin avec notamment des dosages hormanaux, pour déterminer l'origine de la sécheresse intime. 

La patiente se plaint de grattage et d'inconfort au niveau vulvaire. A l'examen clinique, la vuvle peut être rouge. MAIS IL N'Y A PAS DE PERTES. C'est la différence avec une mycose!

 

Symptômes/Signes fonctionnels : 

- Brûlures 

- Irritations ou uneinflammation locale 

- Démangeaisons : elles sont plutôt un symptôme vulvaire, il est rare d'avoir des démangeaisons vaginales. Il n'y a pas tellement de récepteurs à la démangeaison dans le vagin. Si une femme a envie de se gratter, le problème provient de la vulve. Et la vulve, c'est de la peau. Elle peut donc souffrir de déshydratation, de délipidation, d'irritation causée par des savons non adaptés, des eczémas secs.

- Rougeur au niveau desorganes génitaux externes

- Apparition de petites fissures

Cette sécheresse intime peut engendrer une plus grande sensibilité aux infections et avoir des répercussions sur la vie de couple puisqu'elle peut entraîner des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunies), voire une diminution de la libido et altèrent leur qualité de vie.

 

Durant certaines périodes de la vie, la muqueuse vaginale se modifie et se fragilise. Elle peut perdre en élasticité et perdre de sa qualité hydratante et acidifiante ainsi que sa capacité d’auto-nettoyage.

 

Etiologies/Facteurs favorisants :

- Les causes hormonales : la ménopause, les modifications hormonales et enfin la grossesse. Ensuite, les principaux accusés sont les facteurs psychologiques, les infections vaginales, le stress et les traitements médicaux mais aussi le moyen de contraception.

- D'autres causes existent pourtant : ainsi, la cigarette, l'alcool ou une toilette inadaptée peuvent influer sur la lubrification.

 

La ménopause se définit par l'arrêt du fonctionnement ovarien avec comme conséquence une carence en estrogènes responsable des signes cliniques bien connus (bouffées de chaleurs, prise de poids, vieillissement cutanée, ect). Pour des raisons hormonales, les femmes ménopausées sont les premières concernées par la sécheresse vaginale.

D'autre part, 40% des femmes prenant untraitement hormonal substitutifs, THS, présenteraient une sécheresse vaginale. 

 

- En cas de syndrome sec : il se manifeste lorsque les sécrétions des muqueuses du corps ne sont pas optimales. Il entraîne ainsi un ensemble de manifestations : yeux secs, manque de salive, sécheresse au niveau des bronches ou de la peau... Une sécheresse vulvaire peut également être observée.

Il est parfois provoqué par la prise de médicaments (pilules contraceptives faiblement dosées en œstrogènes, antidépresseurs, médicaments anti-allergies, traitement contre l'acné, diurétiques...) ou certaines maladies auto-immunes, comme le syndrome de Gougerot-Sjögren (des anticorps s'attaquent aux glandes de l'organisme).

 

- En cas de maladie cutanée : lichen, eczéma, psoriasis peuvent atteindre différentes régions du corps, dont la vulve.

 

- Une vulvodynie, qui se traduit par des manifestations désagréables au niveau de la vulve engendrant une hypertonie musculaire reflexe.

 

- L'épilation laser intime aggrave l'irritation de la vulve et la sécheresse vaginale. Non seulement l'épilation laser de la zone génitale brûle le bulbe du poil mais elle détruit également les glandes sébacées. Or, ce sont ces glandes qui produisent le film hydrolipidique humectant et protégeant la peau de la vulve. D'une part, l'épilation laser intime altère ce film, d'autre part, elle ôte le petit « coussin » de poils qui préserve la vulve des frottements, sources d'irritations.

 

- Tous les médicaments ou substances qui assèchent la bouche et la langue sont susceptibles d’assécher les muqueuses vaginales, antihypertenseur ou anti acné (comme le Roaccutane).

 

Diagnostics différentiels :

Crise d’herpes, eczéma, psoriasis, mycose vaginale (attention une différence majeure c’est la présence de pertes abondantes lors d’une mycose ce qui n’est pas le cas pour une sécheresse vulvaire)

 

 

Traitements :

La toute première chose à faire est d’en parler. Parler permettra dans un premier temps d’évacuer le stress que cet inconfort engendre.

 

- Si la gêne se manifeste uniquement au moment des rapports, un lubrifiant intime suffira à vous soulager.

Si l’inconfort se prolonge au cours de la journée un simple lubrifiant ne suffira pas. Le mieux serait sans doute de prendre rendez-vous avec votre gynécologue ou une sage-femme qui vous prescrira un traitement adapté. En attentant, ou si la gêne est supportable, appliquez régulièrement une crème adoucissante et hydratante pour zone intime ou une huile végétale (amande douce). Elles sont souvent enrichies en plantes apaisantes. Vous pouvez renforcer leur effet en vous procurant en pharmacie des ovules lubrifiants, souvent à base de plantes ou des gélules d’huile d’onagre que vous pouvez mettre en intra-vaginal.

Pensez également aux pro biotiques spécifiques pour zone intime, par voie orale ou vaginale.

 

- Une bonne hygiène : se laver la vulve une fois par jour, sous la douche, est suffisant. Il est déconseillé d'utiliser des savons qui vont dessécher les muqueuses fragiles. On opte pour une solution lavante douce à pH physiologique (un peu acide) ou un simple lavage à l'eau claire, en prenant soin de bien sécher la zone (en tapotant plutôt qu'en essuyant trop vigoureusement !). Pas de douche vaginale !!

 

- Une crème à base de corticoïdes en cas d'eczéma ou de psoriasis 

 

- Une crème à base d'hormones féminines (surtout chez les femmes ménopausées) 

 

Pour traiter la sécheresse intime, il faut éviter certains facteurs de risque qui peuvent la provoquer, ce qui, dans la plupart des cas, ramènera l'état d'hydratation à la normale

- Le laser :  Certains traitements contre le cancer ont un impact très délétère sur la muqueuse vaginale. Au point d'entraîner des douleurs intolérables. Pour ces femmes qui ne peuvent pas prendre d'hormones et sont insuffisamment soulagées par les autres méthodes, il existe depuis peu la possibilité de stimuler la muqueuse au laser vaginal (laser Mona Lisa). Les séances sont onéreuses (300 € ou plus), mais leur efficacité est interessante.

 

- Les plantes pour apaiser les irritations : L'aloe vera, anti-inflammatoire et hydratant, se retrouve dans de nombreuses préparations.


 
- L'huile de millepertuis, peut être utilisée en application locale, matin et soir.  « Elle est nourrissante, cicatrisante, anti-inflammatoire antalgique, antibactérienne, antimycosique et antivirale », mais aussi l'huile de jojoba, de coco, d'amande douce...

 

- Les capsules d'huile d'onagre: ce sont des compléments alimentaires. Choissiez des capsules transparentes. Le soir vous prenez 2 gélules par voie orale et 1 gélule (de la même boite) au fond du vagin. Vous pouvez arreter de mettre dans le vagin quand vous sentez que huile coule beaucoup le matin.

 

 - Les pro biotiques : La sécheresse intime perturbe la flore vaginale. Quand l'épithélium est très fin, ses cellules basales et parabasales ne contiennent pas de glycogène. Or, ce glycogène est absolument nécessaire pour maintenir un pH idéal dans le vagin et pour nourrir la flore qui s'y trouve. Si le pH devient trop acide ou, au contraire, trop alcalin, les infections se multiplient. D'où l'importance de booster cette flore par des pro biotiques. 

 

 Pour les femmes qui ne peuvent pas prendre d'hormones, il existe des préparations à base uniquement de pro biotiques (Gynophilus capsule vaginale, tampons périodiques Florgynal). On peut aussi consommer des pro biotiques par voie orale car la flore vaginale est issue de la flore intestinale. Mieux la flore intestinale sera équilibrée, mieux la flore vaginale se portera.

 

- L’acide hyaluronique : Cette molécule existe naturellement dans le derme et dans l'épiderme. Elle se gorge d'eau et préserve les tissus contre l'assèchement. Les crèmes et ovules à l'acide hyaluronique sont suffisants pour les petites sécheresses vaginales.Elles regonflent la muqueuse et lui redonnent de la souplesse.  « Certaines études montrent qu'au bout d'un certain temps , l'acide hyaluronique conduit à une réépithélisation de la muqueuse ». Autrement dit, le simple fait d'hydrater favorise une petite repousse de la muqueuse. Pas autant que les hormones, mais c'est appréciable. Parmi les produits contenant de l'acide hyaluronique : Mucogyne, Cicatridine crème et Cicatridine ovules, Hydralin lubrifiant sécheresse intime, à l'acide hyaluronique et la glycérine.

 

Prévention/Conseils :

Pour prévenir la sécheresse vaginale, il est important d'avoir une bonne hygiène locale mais pas trop fréquente, et de ne pas utiliser des molécules trop agressives. L'alcool, le tabac et autres substances doivent être évités, et le port de sous-vêtements en matière non agressive comme le coton est préconisé. Il faut également avoir une excellente hygiène de vie afin de chasser le stress de son quotidien. Les rapports sexuels doivent aussi se faire après une bonne lubrification du vagin, soit naturelle, soit à l'aide de lubrifiants.